domingo, 3 de abril de 2016

JÉSUS-CHRIST - WIKIPEDIA

Cette page est en semi-protection longue.

Jésus-Christ

Page d'aide sur l'homonymie Cet article traite de Jésus en tant que Christ pour les chrétiens. Voir Thèse mythiste pour Jésus en tant que mythe, Voir Jésus de Nazareth pour l'aspect historique de Jésus, voir Îsâ pour Jésus en tant que prophète pour les Musulmans.
Jésus-Christ
Image illustrative de l'article Jésus-Christ
Le Christ de la basilique Sainte-Sophie deConstantinople.
Jésus de Nazareth
Naissanceentre 7 et 5 av. J.-C.
Bethléem, Judée
ou
Nazareth, Galilée
Décèsvers 301  (33 ans)
Jérusalem, Judée
Vénéré parchrétiens
Fête25 décembre (Noël), Pâques

Le Christ au globe céleste deJacques Du Brœucq.
Jésus-Christ (prononcé [ʒezykri] ou [ʒezykrist]2), le Christ ou simplement Christ est le nom donné par l'ensemble des chrétiensà Jésus de Nazareth qu'ils considèrent comme le Messie (χριστός / Christos en grec ancien), « l’oint du Seigneur » annoncé par l'Ancien Testament du judaïsme, mort et ressuscité pour le salut des hommes. En effet, les chrétiens reconnaissent Jésus-Christ comme le Messie et le Fils unique de Dieu. De plus, une majorité de ceux-ci le reconnaissent comme l'une des trois personnesdu Dieu trinitaire.

Représentation du Christ en croix, Église de Beaune, France.
Ce n'est qu'à partir des recherches critiques du xixe siècle que les historiens ont peu à peu dissocié Jésus-Christ, la figure religieuse, et Jésus de Nazareth, le personnage historique. De plus, les musulmans reconnaissent Jésus de Nazareth en tant qu'un éminent prophète de Dieu sous le nom d''Īsā.

Le Jésus de l'histoire

Article détaillé : Jésus de Nazareth.
La foi en Jésus-Christ se réfère à l'histoire de Jésus le Nazaréen, hébreu de Galilée, qui apparaît au ier siècle dans le cercle de Jean le Baptiste avant de s'engager, entouré de quelques disciples, dans une carrière de prédication itinérante d'un à deux ans et demi3, essentiellement en Galilée, en pratiquant guérisons et exorcismes. Il suscite engouement et ferveur, s'attirant la méfiance des autorités politiques et religieuses, avant d'être arrêté, condamné et crucifié vers l'an 30 à Jérusalem pendant la fête juive de la Pâque, sous l'administration du préfet Ponce Pilate4.
Dans les premières décennies qui suivent la mort de Jésus de Nazareth vers 30, ses disciples vont se constituer en petites communautés autour de deux croyances : celle que Jésus était le messie attendu par les juifs, et celle qu'il était ressuscité et était apparu à un certain nombre de témoins. Ce « mouvement des disciples de Jésus », par ses croyances en la messianité et la résurrection de Jésus, constitue alors une secte particulière au sein du judaïsme dit du second Temple, beaucoup plus diversifié que ce qu'il deviendra après 70 sous l'impulsion du judaïsme pharisien, qui donnera le judaïsme rabbinique.
La foi en Jésus-Christ est marquée dès ses débuts par la prédication de Paul de Tarse, l'« apôtre des gentils » qui ne connut pas le Jésus historique, mais à qui celui-ci serait apparu après sa résurrection.

Le « Jésus terrestre »

La problématique du « Jésus terrestre » et des traditions qui en relèvent concerne les représentations théologiques du Jésus telles que conservées dans la littérature évangélique. Sans qu'il faille autant opposer symétriquement sur ce sujet recherche et tradition, les recherches sur le Jésus historique — apparues à l'époque moderne uniquement — ne sont accessibles qu'à travers les traditions du « Jésus terrestre »5.
Néanmoins, « la question du Jésus historique s'efforce de discerner à travers les premières traditions sur le Jésus terrestre, les traces qui permettent d'approcher le Jésus de l'histoire. En revanche, interpréter les traditions du Jésus terrestre pour elles-mêmes, c'est rechercher comment les premières communautés chrétiennes ont formulé leur témoignage de foi au Jésus qui a vécu et qui est mort à Jérusalem »6.

Histoire des dogmes chrétiens

Nouveau Testament et les premiers conciles

Les plus anciens textes chrétiens sont les lettres de Paul de Tarse, dont sept sur les quatorze que contient le Nouveau Testament sont considérées aujourd'hui comme authentiques et écrites entre 50 et 55N 1. Jésus y est présenté comme « Seigneur » investi de la puissance et du salut divins. Paul cependant ne discute pas de la nature divine ou humaine de Jésus. L'essentiel de la profession de foi de Paul (on parle aussi de kérygme) est exprimée dans la Première épître aux Corinthiens. Elle repose sur l’affirmation du salut par un rédempteur divin, le Messie envoyé par Dieu pour racheter les péchés des hommes7,8.

Christ pantocrator, mosaïque de labasilique Saint-Apollinaire-le-Neuf àRavenne.
Les trois doigts joints symbolisent la Trinité, les deux doigts levés la double nature humaine et divine9.
Dans les trois évangiles synoptiques, Jésus est désigné indifféremment sous les termes de messie, de Fils de l'homme et de Fils de Dieu. Il s'agit de dénominations juives qui seront réinterprétées par la tradition chrétienne. Le terme de messie désigne dans les prophéties d'Isaïe le serviteur souffrant annonçant le Royaume de Dieu. Le Fils de l'Homme, dans le Livre de Daniel, était la personnification dupeuple élu dans sa pureté initiale exempte de péchés. L'appellation Fils de Dieu, qui sera le fondement de la doctrine de la Trinité chrétienne, était un titre des souverains hellénistiques, et, pour les juifs, celui du messie en tant que roi d'Israël.
L'idée de la divinité de Jésus apparaît clairement à la fin du ier siècle, dans les textes que la tradition chrétienne attribue à l'apôtre Jean(écrits dits johanniques : l'évangile de Jean, qui fait de Jésus le « Verbe de Dieu », les trois Épîtres de Jean et l'Apocalypse), ainsi que dans des lettres attribuées à Paul de Tarse et considérées aujourd'hui comme des pseudépigraphes plus tardifs (épître aux Colossiens etépître aux Éphésiens), qui affirment la préexistence du Christ, « image du Dieu invisible », en faisant l'incarnation de Dieu.
Les différents rédacteurs du dogme d'une orthodoxie qui se construira au fil de différents conciles fondent leurs réflexions sur les textes de l'Ancien Testament et de certains évangiles, présentés dans une articulation cohérente, dont les différentes parties se complètent. Ce sera durant plusieurs siècles l'émergence et l'alternance d'opinions diverses qui se confronteront à travers les différents conciles convoqués par les empereurs romainsN 2 en vue de formuler la foi de l'Église avec une précision de plus en plus rigoureuse.
Les premiers conciles, Nicée en 325 et Constantinople en 381, aboutiront au « Symbole de Nicée », credo qui définit ainsi la croyance orthodoxe en Jésus-Christ :
« Nous croyons en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Lumière issue de la Lumière, vrai Dieu issu du vrai Dieu, engendré et non créé, consubstantiel au Père et par qui tout a été fait ; qui pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu des cieux et s'est incarné du Saint-Esprit et de la vierge Marie et s'est fait homme. Il a étécrucifié pour nous sous Ponce-Pilate, il a souffert et il a été mis au tombeau ; il est ressuscité des morts le troisième jour, conformément aux Écritures ; il est monté au Ciel où il siège à la droite du Père. De là, il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts, et son règne n'aura pas de fin. »
Ce credo s'opposait en particulier à l'arianisme, qui professait une absence de consubstantialité10 ; mais il rappelait plus généralement ce qui était considéré comme hérésies, par rapport aux différentes conceptions de la divinité du Christ.

La question de la nature de Jésus : homme ou Dieu ?


Raphaël, Christ montant au Calvaire.
Article détaillé : Logos (christianisme).
Souvent, dans les communautés chrétiennes des deux premiers siècles, la croyance en la divinité de Jésus a connu des chemins différents de ceux empruntés par l’Église de Rome, en particulier dans les communautés orientales et encore plus dans celles de l'espace perse.
Certaines (ébionites et elkasaïtes), vont rester attachées à la transcendance du Dieu du judaïsme traditionnel, et à l'humanité de Jésus. D'autres au contraire comme les marcionites, montanistes vont exalter la divinité de Jésus, et rejeter le corps et la matière. Certaines communautés inspirées par la démarche gnostique suivront la même voie, ce que ne feront pas notamment, les Judéo-chrétiens.
Ignace d'Antioche (35-107) insiste sur la réalité de la vie terrestre de Jésus. Justin de Naplouse (105-135) recourt à la suite de l'Évangile de Jean au terme logos, emprunté à la philosophie grecque, qui signifie la raison divine qui pénètre et gouverne le monde. Origène (185-254) essaie de comprendre comment la nature humaine s'unit à la nature divine en Jésus. Pour lui, Jésus ne peut être vraiment homme sans âme humaine; la nature divine ne pouvait s'unir directement avec le corps.

La thèse d'une nature purement divine

Gnosticisme et manichéisme
Les gnosticismes chrétiens considèrent qu'il existe une nature bonne (divine ou créée par Dieu) et une mauvaise (terrestre, et/ou créée par un démiurge), non miscibles et en conflit. Ils se distinguent en cela du christianisme majoritaire qui estime que Dieu est l'unique créateur, et que tout ce qu'il a créé est d'une nature bonne ; et qu'il n'y a pas de distinction à faire entre une nature divine et une nature charnelle.
Pour les gnostiques, la réalité de l'existence de Jésus parait secondaire par rapport à la signification qu'on lui prête. Il y existe une réflexion profonde sur la personnalité de celui qu'ils nomment le Sauveur qui reste fondamentalement étranger au monde. On retrouve ainsi ce thème : Le Sauveur descend sur terre pour le salut des hommes et à son tour, il assume, pour un temps leur destinée. Non dans le but de donner un sens au monde, à la souffrance ici-bas, mais pour délivrer les parcelles lumineuses qui s'y sont dévoyées11. Parmi ces courants gnostiques, on trouve le docétisme aux iie et iiie siècles qui considère que l'humanité de Jésus n'est qu'une apparence, ce qui implique notamment que la mort sur la croix était une illusion. Sa postérité se retrouvera, plus tard, dans la pensée d'Eutychès (378-453) dont se réclameront plusieurs églises monophysites.
Le manichéisme, considérant que d'une part Dieu et le Bien et d'autre part le Monde et le Mal sont radicalement séparés, ne peut admettre un Jésus qui soit à la fois Dieu et homme. Contre cette séparation, Irénée de Lyon (120-140) affirme que Dieu veut partager sa vie avec l'homme et que par conséquent la nature de l'homme n'est pas opposée mais volontairement adaptée à celle de Dieu et que tout cela est récapitulé en Jésus, Dieu et homme.
Marcionisme
Article détaillé : marcionisme.
Pour Marcion également, Jésus-Christ est la manifestation visible de Dieu avec un corps qui n'est pas fait de chair et de sang, un corps subtil, à travers lequel Dieu, pure transcendance, se manifeste à l'improviste sur le Jourdain. Marcion s'inscrit ainsi dans une radicalisation de la pensée paulinienne, en rupture totale avec le judaïsme, et ne dit mot de tout ce qui a trait à l'enfance de Jésus, de son baptême ou de ses racines juives12. Le marcionisme, issu de la rupture de Marcion en 144 d'avec le presbyterium de Rome, verra des Églises fleurir un peu partout en Orient pendant tout le iiie siècle, prônant une forte exigence morale, l'ascèse et le mépris du corps. Ce sera contre lui que s'élabora la réflexion théologique des Pères de l'Église, le nombre considérable de traités antimarcionniques en témoigne.
Monophysisme
Le monophysisme, apparu au ve siècle dans les écoles théologiques de l'empire byzantin, considère que la nature divine du Christ éclipse de fait sa nature humaine. Contre la reconnaissance de la consubstantialité du Père et du Fils, et de la nature humaine du Christ, les monophysites affirment que le Fils n'a qu'une seule nature et qu'elle est divine, cette dernière ayant absorbé sa nature humaine. Les monophysites s'opposent en cela également au nestorianisme. Le christianisme majoritaire souligne que l'union de ces natures n'a pas supprimé leur différence, et donc que Jésus est véritablement et pleinement un homme. Le monophysisme est encore professé aujourd'hui, dans sa variantemiaphysite. Ce sont les Églises préchalcédoniennes (arménienne, syro-jacobite, copte, etc.).

La thèse d'une nature différente de celle de Dieu : arianisme et unitariens

Article détaillé : Unitarisme (théologie).
L'arianisme est issu des prêches d'Arius à partir de 312. Son point central est la nature de la relation entre Jésus et son Père du ciel et des positions respectives des concepts de « Dieu le père et de son fils Jésus ». L'arianisme, tentant de résoudre le problème entre éternel et contingent, défend la position que la divinité du Très-Haut est supérieure à celle de son fils fait homme. Les ariens adoptent le subordinatianisme, selon lequel Jésus-Christ est créé mais n'est pas de la même substance que Dieu, lequel est incréé et intemporel. Les ariens professent donc une absence de consubstantialité10 : si le Fils témoigne de Dieu, il n'est pas Dieu, si le Fils a une position divine, elle est de moindre importance que celle de Dieu Lui-même. Le christianisme majoritaire soulignera en réponse, dans le Symbole de Nicée, que « Jésus-Christ [est] de même nature que le Père », c'est-à-dire qu'en la personne de Jésus, c'est bien un nouvel aspect de la réalité divine qui a été révélé : que « Dieu se fait homme pour que l'homme se fasse dieu ».

Le baptême du Christ.
Pour l'adoptianisme, Dieu adopte l'homme Jésus comme Fils, seulement lors de son baptême. Cette christologie s'appuie sur une version de Luc 3, 22, présente dans certains manuscrits, qui cite le psaume 2, 7 : « Tu es mon Fils, moi aujourd'hui, je t'ai engendré », au lieu de « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j'ai mis toute mon affection ».

Une double nature : nestorianisme et vision trinitaire

Article détaillé : Trinité chrétienne.
Le nestorianisme, né au ve siècle de la controverse entre le patriarche de Constantinople, Nestorius et celui d'Alexandrie, Cyrille, considère qu'il y a eu une superposition en Jésus de deux personnes distinctes, l'une divine et l'autre humaine.
Le christianisme majoritaire souligne qu'il n'y a pas de distinction, que Jésus est à la fois « vrai homme et vrai Dieu », et donc que c'est bien dans le Jésus de Nazareth historique que le christianisme reconnaît le Fils de la Trinité. Le débat au Concile d'Éphèse a porté sur la désignation de Marie, qui n'a pas seulement donné naissance au Jésus historique, mais peut être qualifiée de « Mère de Dieu » ; au titre de cette maternité spirituelle elle est invoquée par les mystiques chrétiens qui veulent que le « Christ soit complètement formé en euxN 3». Le nestorianisme est représenté aujourd'hui au Moyen-Orient dans les Églises des deux conciles.

Dogmes issus des sept conciles

Article détaillé : Concile œcuménique.

Icône représentant le Christ dans une église orthodoxe.
À partir du ive siècle et jusqu'au viiie siècle, sept conciles sont appelés « œcuméniques » parce que tous les évêques y avaient été convoqués, même si peu d'évêques latins ou occidentaux participèrent aux cinq premiers d'entre eux. Tous les conciles œcuméniques n'ont pas la même importance doctrinale. Selon Bernard Sesboüé, le Concile d'Éphèse (que n'acceptent pas certaines Églises, dites desdeux conciles, soit les deux premiers : le Concile de Nicée et le Concile de Constantinople) « est le premier concile à être à l'origine d'une division durable. Il existe aujourd'hui une Église assyrienne de l'Orient13qui a renoncé en 1975 à s'appeler « nestorienne » (...).
On peut résumer, de façon schématique, l'évolution dans la formulation des courants dogmatiques dominants de la manière suivante :
  • étant ce Sauveur qui déifie, le Christ est lui-même Dieu, consubstantiel à Dieu : c'est la définition du Concile de Nicée (325), qui s'oppose à la christologie d'Arius ;
  • il est homme total, consubstantiel à chacun de nous, c'est la définition du Concile de Constantinople (381), qui s'oppose à la christologie d'Apollinaire ;
  • homme et Dieu, il est pourtant être un, et non pas divisé, c'est la définition du Concile d'Éphèse (431), qui s'oppose à la christologie deNestorius ;
  • il reste « deux » tout de même, homme et Dieu, sans confusion ou absorption, c'est la définition du Concile de Chalcédoine (451), s'opposant à la christologie d'Eutychès.
Les catholiques, les orthodoxes des Églises des sept conciles célèbrent Jésus-Christ comme étant à la fois vrai homme et vrai Dieu, deuxième personne de la Trinité.
Pour les christianismes orientaux, la christologie est parfois un peu différente et la situation est assez complexe selon le nombre de conciles que ces Églises reconnaissent :
Toutes ces Églises orientales et l'Église catholique reconnaissent les conciles de Nicée et de Constantinople, et le Credo, ou profession de foi trinitaire, qui en est issu. Les Églises appartenant au Conseil œcuménique des Églises reconnaissent également la Trinité.
Les Églises protestantes européennes le confessent de même, tout en reconnaissant la liberté de conscience à leurs fidèles ; elles présentent donc des conceptions diverses et, même quand la formulation semble identique à celle des christianismes catholique et orthodoxe — qui disposent d’un large corpus dogmatique et d’une structure hiérarchique chargée de le maintenir et de l’enseigner —, il faut tenir compte du fait que le sens donné aux expressions n’exprime pas rigoureusement le même point de vue.
Les unitariens n'acceptent pas le dogme de la Trinité. Ils se réclament d'un monothéisme strict, en ce sens qu'ils ne conçoivent pas de trinité. On trouve des unitariens dans diverses Églises protestantes ou issues du protestantisme : libéralisme théologique du protestantisme libéral et Témoins de Jéhovah. Pour les mormons, par contre, Jésus-Christ est Jéhovah16 et un personnage distinct du Père.

Accord œcuménique

Le patriarche assyrien Mar Denkha IV et Jean-Paul II ont signé une déclaration christologique commune (...) Cette déclaration (...) reprend largement la définition de Chalcédoine(...) il n'y a aucune divergence dans la foi17.» En ce qui concerne les Églises des trois conciles (soit celles qui acceptent les conciles de Nicée, Constantinople et Éphèse, mais pas celui de Chalcédoine), Bernard Sesboüé signale : « En 1973, le pape Paul VI a signé avec le patriarche copte Shenouda une confession de foi christologique qui reprend les termes de Chalcédoine, à l'exception du en deux natures. mais les adverbes, « sans mélange, sans commixtion, sans confusion, sans altération, sans division, sans séparation », sont maintenus et sont même devenus six au lieu de quatre. Or ces adverbes étaient une explication du sens de la formule en deux natures (...) une souplesse dans le langage est redevenue possible, l'accord sur le sens étant clairement acquis. De même le pape Jean-Paul II a signé une confession analogue avec le patriarche syrien d'Antioche18Mar Ignatius Zakka Ier19. » Les quatre premiers conciles, dont les discussions et les conclusions sont centrées sur les deux natures et la personne du Christ et toutes les questions posées à ce propos20, rassemblent un nombre relativement important d'Églises chrétiennes (catholiques, orthodoxes, certaines Églises dites des « deux » ou des « trois conciles », beaucoup d'Églises protestantes certes avec des nuances et non pas toutes). Aucun des quatre premiers conciles ne fera toutefois consensus à son époque et au-delà, et la diversité des courants chrétiens restera très importante21.

Interprétation théologique

Le Messie rédempteur

Articles détaillés : Messie et Christologie de Paul.

Statue du Christ Rédempteur de Rio de Janeiro.
Le Messie (de l'hébreu מָשִׁיחַ — mashia'h) désigne dans le judaïsme l'oint, c'est-à-dire la personne consacrée par le rituel de l'onction, réalisée par un prophète de Dieu. Christ est une traduction littérale de mashia'h utilisée dans la Septante.
La croyance chrétienne en Christ s'écarte cependant de la compréhension du Messie dans le judaïsme.
Elle donne une place centrale à la Résurrection ; Paul de Tarse affirme ainsi dans l'épître aux Corinthiens : « Si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi »N 4.
Le Christ est pour le christianisme le Rédempteur divin, le Messie envoyé par Dieu dont la mort sacrificielle doit racheter les péchés des hommes8.

Le modèle christique selon l'Imitation de Jésus-Christ

Article détaillé : devotio moderna.
Comme fondateur de religion, la figure du Christ fut un modèle pour les chrétiens.
Une œuvre comme L'imitation de Jésus-Christ, recueil d'aphorismes de la fin du xive siècle, alimenta la dévotion et la prière de nombreuses générations de chrétiens, surtout des laïcs, qui cherchaient dans leur vie quotidienne à vivre en respectant les préceptes du Christ (d'où son titre)22. Elle commence par ces mots :
« Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbresN 5”, dit le Seigneur. Ce sont les paroles de Jésus-Christ, par lesquelles il nous exhorte à imiter sa conduite et sa vie, si nous voulons être vraiment éclairés et délivrés de tout aveuglement du cœur. »
L’Imitation eut un succès qui ne se démentit pas pendant des siècles. En 1450, il en existait plus de deux cent cinquante manuscrits. Il était au xixe siècle une référence pour les catholiques et eut une grande influence sur sainte Thérèse de Lisieux22. De nouvelles éditions sortent encore régulièrement.

Réception de Jésus-Christ en-dehors du christianisme

Si pour le christianisme, le Christ est l'unique Messie, d'autres religions, sans le considérer comme tel, le reconnaissent pour un envoyé de Dieu, un prophète ayant comme d'autres avant et après lui reçu une révélation divine.

Islam

Article détaillé : Îsâ.

Mahomet et les prophètes de l'islam, dont Abraham, Moïse et Jésus.
Le Coran raconte, en plusieurs passages, le prodige de la naissance virginale de Jésus, créé par l’impératif divin : « Sois ! »N 6 et conçu par le souffle de DieuN 7.
Dans le Coran, "Le Messie Jésus, fils de Marie, n'est qu'un messager de Dieu, Sa parole qu'Il envoya à Marie, et un souffle venant de lui" (Sourate 4, 171). Annonciateur de Mahomet, il prêche le monothéisme pur, accomplit des miracles, opère des guérisons, ressuscite les morts et « connaît les secrets du cœur ». Ibn Arabi lui confère le titre de « sceau de la sainteté », « le plus grand témoin par le cœur », tandis que Mahomet est le « sceau des prophètes », « le plus grand témoin par la langue23 ».
La représentation de Îsâ dans le Coran lui confère également une dimension eschatologique24 : son retour sur terre, en tant que musulman, est le signe de la fin du monde et du Jugement dernier tandis que beaucoup de hadiths le présentent comme le principal compagnon du Mahdi, Sauveur de la fin des tempsN 8.
On trouve dans le Coran quatre négations catégoriques concernant Îsâ, par crainte d'associationnisme (shirk)23 : il n'est ni Dieu, ni son fils, ni le troisième d'une triade25 — laTrinité étant interprétée par les musulmans comme un signe de polythéisme —, pas plus qu'il n'a été crucifiéN 9 car cela aurait été « indigne » d'un prophète de son importance23,

Représentation de Jésus-Christ dans les arts

Représentation artistique de Jésus-Christ dans l'Antiquité


Sculpture en marbre paléochrétienne du Bon Pasteur, vers 300. Musée du Vatican.
Les auteurs des évangiles, issus d'un contexte judaïque généralement réticent à l'égard des images par peur d'idolâtrie, semblent considérer que les paroles de Jésus sont plus importantes que son apparence et ne donnent aucune description de celui-ci26.
L'art chrétien ne va pas de soi et trouve ses origines dans l'art païen et polythéiste, en l'imaginaire duquel les peintres et sculpteurs antiques puisaient. Les pères de l'Église, pour leur part, contestaient l'art en tant que tel en des termes assez durs et se réclamaient de l'Ancien Testament qui condamne radicalement l'iconographiev 1. Clément d'Alexandrie liste néanmoins, vers 200, des éléments qui peuvent endosser une signification chrétienne sur les sceaux ou les bagues, tel le poisson, un symbole chrétien dont le terme grec (ἰχθύς / Ichthus) constituait un acronyme des noms de Jésusn 1.
Si au début du ive siècle le concile d'Elvire interdit encore les images peintes sur les parois des églises, l'art chrétien a cependant déjà pris son essor, dans une visée qui n'est pas étrangère à l'apologétique27.
L'évolution du rapport à la représentation du Christ se transforme dès le premier tiers du iie siècle et une iconographie christique apparaît progressivement dans les catacombes et sur les sarcophages. Les représentations en demeurent cependant rares au profit de figures de l'Ancien Testament, comme Moïse ou Jonas, et Jésus n'est représenté que dans un petit nombre de scènes : son baptême, des miracles ou guérisons, l'entrevue avec la Samaritaine… Son action de thaumaturge est souvent soulignée dans cette première vague iconographique qui le présente également parfois au milieu de ses disciples à l'instar des philosophes grecs26.

Buste de Jésus. Peinture murale dans les catacombes de Commodilla, fin du ive siècle.
Ce Jésus des premières représentations est souvent beau, juvénile, voire séduisant — même si son visage est souvent « passe-partout », ne se différenciant guère de l'iconographie habituelle du panthéon gréco-romain — à contre courant des descriptions des Pères de l'Église qui le présentent comme quelconque, voire laid ou pitoyable26. Il est souvent représenté sous forme du « Bon Pasteur » dans une image qui procède d'un Hermès « criophore »28, à mettre en parallèle avec Orphée, un autre « bon pasteur », image qui va se multiplier sur les premiers sarcophages chrétiens et sur les voûtes des hypogées. Hermas décrit par exemple Jésus au iie siècle comme « un homme à l'air majestueux, en costume de pâtre, couvert d'une peau de chèvre blanche, une besace sur l'épaule et une houlette à la main »29.
Le christianisme devenant progressivement la religion officielle de l'Empire à partir du ive siècle, l'iconographie va petit à petit se libérer du modèle gréco-romain, notamment influencée par les débats christologiques qui caractérisent cette période. C'est dans le dernier tiers du siècle que commence à apparaître la dimension divine — la « puissance cosmique » — du Christ dans les représentations jusqu'alors plutôt marquées par l'aspect protecteur et guérisseur du personnage26.

Christ Pantocrator,vie siècle, église Sainte-Catherine du Sinaïe, Égypte.
À cette époque, Jésus est encore généralement représenté comme un éphèbe glabre ou encore sous la forme d'un petit garçon qui correspond à une dénomination habituelle du Christ à l'époque (« pais », du grec παις, l'« enfant ») ; ce n'est qu'à partir de la fin duive siècle qu'il est représenté plus âgé et barbu, sous l'inspiration du modèle du philosophe enseignant de l'Antiquité. Ces deux types distincts de représentations coexisteront pendant près de deux siècles encore26.
À partir du ve siècle, c'est le caractère divin qui constituera la dimension principale des représentations, appuyant l'insistance du Credo de Nicéesur l'égalité du Père et du Fils et traduisant la structuration par la hiérarchisation et le dogme, dans une image de la « gloire de Dieu » qui dominera l'art chrétien jusqu'à l'art gothique26. L'aspect humain perdurera cependant à travers les icônes, bien que la plupart aient été détruites lors de la crise iconoclasten 2, qui trouveront un prolongement dans l'art byzantin qui fera la synthèse entre les aspects humain — idéalisé en philosophe enseignant — et divin, légitimé depuis le concile de Nicée II en 787.
Les traditionnelles représentations de la Vierge à l'Enfant puisent quant à elles leurs origines dans les représentations de la déesse d'origine égyptienne Isis allaitant Horus30.

Art occidental


Détail du visage du Christ venant de mourir, œuvre de José Miguel Luján Pérez (es), 1793.
L'Église catholique autorisant les représentations du Christ, celui-ci a été l'objet d'un très grand nombre de représentations sous forme de portraits, de tableaux mettant en scène sa vie, de sculptures, de gravures, de vitraux, etc. Dans l'art occidental, le personnage de Jésus est certainement celui qui a fait l'objet du plus grand nombre de représentations. Une des figurations les plus courantes est celle du Christ en croix, au moment de sa Passion.
Toutes ces représentations relèvent de la création artistique, aucune image contemporaine au Christ ne nous étant parvenue. Quelques imagesacheiropoïètes (« non faites de main d'homme ») — dans une christianisation de la tradition païenne des « images tombées du ciel » — représenteraient le « véritable » visage de Jésus.
Malgré la diversité des artistes et des époques, elles ont toutes quelques traits communs. En fait, les représentations de Jésus obéissaient à des canons artistiques précis31, basés sur la tradition et les plus anciennes représentations connues : Jésus est présenté comme un homme de race blanche, de taille moyenne, plutôt mince, au teint mat et aux cheveux bruns, longs ; il sera plus tardivement représenté avec une barbe32.
Sa tête est souvent entourée d'un cercle lumineux ou doré, appelé auréole, attribut courant figurant la sainteté d'un personnage. Quand elle s'applique à Jésus, cette auréole est souvent marquée conventionnellement d'une croix (généralement rouge), qui permet de l'identifier sans ambiguïté.
L'expression des yeux est l'objet d'une attention particulière des artistes. De même, la position de ses mains a souvent une signification religieuse. L'Église catholique ayant exprimé le souhait que la vie de Jésus puisse être comprise par tous, il n'est pas rare de trouver en Afrique des figurations du Christ en homme de race noire, ou en Amérique du Sud des représentations de sa vie avec des vêtements locaux. Ce phénomène est ancien, puisque les artistes de la Renaissance représentaient déjà Jésus entouré de personnages habillés selon la mode de leur siècle (voir le groupe de personnes à droite sur le tableau de Fra Angelico, Descente de Croix).

Fra Angelico, circa 1440 - Descente de Croix.

Scènes de l'enfance de Jésus sur le bas-relief du bas (portail du cloître de lacathédrale Notre-Dame de Paris).
Au Moyen Âge, les représentations visuelles avaient une fonction éducative : en mettant en scène la vie de Jésus-Christ, on diffusait la culture chrétienne à des personnes ne sachant généralement pas lire, et n'ayant de toute façon pas accès aux livres, y compris aux livres saints tels que la Bible[réf. nécessaire]. C'est ce qui est à l'origine de la crèche de Noël, tradition encore très active dans les milieux chrétiens. Certaines scènes sculptées sur les calvaires bretons, comme celui de la chapelle de Tronoën par exemple, sont de véritables résumés de la vie de Jésus. De même, toute église catholique est pourvue d'un chemin de croix (en latin via Crucis) qui figure en 14 étapes, appelées « stations », les différents moments de la Passion du Christ, depuis sa condamnation jusqu'à sa mise au tombeau. Généralement réparties sur les pourtours de la nef, ces étapes sont représentées le plus souvent par des tableaux ou des petites sculptures ; pour les plus simples il s'agit seulement d'une croix accompagnée du numéro de la station. Jusqu'à récemment dans toutes les maisons catholiques, les pièces principales et les chambres étaient pourvues d'un Christ en croix, généralement accroché sur le mur au-dessus du lit ou de l'accès à la pièce.

Art oriental

Les orthodoxes acceptent la représentation du Christ en deux dimensions. La représentation la plus courante est celle des icônes.
Au viiie siècle, sous la poussée des Arabes à l'est et des Bulgares à l'ouest, des mesures seront prises dans l'Empire romain d'Orient contre les images et les statues qui peuplent les églises dans le but d'unifier l'empire derrière le seul chrisme, déclenchant la crise iconoclaste qui durera plus d'un siècle33. Après la fin des guerres iconoclastes, le christianisme oriental donne lieu au développement d'un art spécifique, l'icône, basée sur une grammaire picturale très organisée. Ces images sont sacrées, l'esprit du ou des personnages représentés est censé « habiter » la représentation. L'iconographe — le peintre d'icône — se prépare à la fois par un apprentissage théologique et par une ascèse, le plus souvent le jeûne et la prière.
Les icônes sont anonymes jusqu'au xve siècle.

ブック:生物学 - 進化の神話

進化の神話上の日本語で、この本を出版ウラジミールスクライブは、本は、など、いくつかのオンライン書店で購入することができます。

http://www.amazon.com/Ikimonogaku-shinka-shinwa-Shinka-ron-Japanese/dp/1530731364/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1459697570&sr=8-1&keywords=Ikimonogaku+%E2%80%93+shinka+no+shinwa

https://clubedeautores.com.br/book/206567--Ikimonogaku__shinka_no_shinwa?topic=liberdadepolitica%26seguranca#.VwE3SPkrLIU

この本は生物学は進化論を反駁し、作成を担当一つとして神をあがめるの明確な目的を持っています。聖書は、この本を通して、私たちは人生の主のタイトルで神に課税、行為17.24から28で述べているように私たちは、男性に非常に近いです作成者にこのボリュームを捧げます。男性は彼らの存在がここに創造の行為ではなく、プロセスの進展に由来この文献を発表しました。神への真の信者は、この本は、人生と人間の起源についての自分の信念を強化します。科学者たちは、何の信念が、その唯一の目的から研究をそらすべきではないことを指摘し、科学の発展を妨げる理論の再考をお願い:真実を。



あなたが変換エラーを見つけた場合は、Facebook経由の作者に知らせます:

https://www.facebook.com/centrodeevangelismouniversal/

sexta-feira, 11 de março de 2016

LIVRO: O DIABO ESTÁ AO SEU LADO

O Escriba Valdemir publicou este livro e pode ser comprado impresso ou em e-book no endereço abaixo, além de dezenas de outras editoras e livrarias virtuais. Pode ser lido na íntegra logo a seguir.

https://www.clubedeautores.com.br/book/204955--O_Diabo_esta_ao_seu_lado?topic=desenvolvimento#.VuIzdfkrLIU
Cover_front_medium
Tive inúmeras experiências com os demônios, e a cada dia tenho novas experiências. Ninguém passa por este mundo sem sentir por algum momento uma perturbação em sua vida. Um vulto que passou por trás de você, uma voz chamando seu nome e você não vê ninguém. Um pesadelo extremamente assustador. Um impulso maligno para fazer algo contrário a sua consciência. Muitas vezes uma voz, como se houvesse outra pessoa discutindo em sua mente com você, te tentando para fazer algo proibido. Cada um fazendo uma retrospectiva da sua vida perceberá que em alguns momentos uma presença maligna o cercou. Não tem como evitar isso. Aliás, quanto mais a pessoa se volta para Deus, mais chances ela terá de sentir o Mal lhe rondando, lhe cercando e espreitando sua vida, porque o Diabo não quer ninguém bem.  



terça-feira, 15 de dezembro de 2015

LIVRO: ENTENDA A CONGREGAÇÃO CRISTÃ - VOLUME I

Escriba Valdemir publica livro ENTENDA A CONGREGAÇÃO CRISTÃ - VOLUME I, contendo as deliberações das convenções de 1936 a 1964 com comentários. 168 páginas  (Pode ser adquirido impresso por:amazon.com, clubedeautores.com.br e outras livrarias virtuais). 

Cover_front_medium


Este livro é parte de uma série na qual irei analisar as deliberações tomadas nas convenções da Congregação Cristã. Minhas reflexões sobre a CCB não tem o intuito de acusa-la como seita, nem também de divulga-la como a igreja verdadeira. Minhas convicções são pautadas na crença que a Bíblia é a palavra de Deus e que nela encontramos os fundamentos, paredes e cobertura da nossa religião. Outra convicção que tenho é que toda instituição é humana, com falhas, defeitos e compostas por homens pecadores. Se o próprio Jesus ao formar pessoalmente um grupo pequeno de doze homens escolhidos a dedo, ainda assim havia entre eles invejoso, traidor, ladrão, mentiroso etc. Quanto mais em outras comunidades de servos de Deus.Em minhas observações sobre as decisões da CCB, muitas vezes irei tecer caudalosos elogios as suas posturas éticas e doutrinárias. Por outro lado irei fazer ácidas críticas àquilo que considero estar errado.


segunda-feira, 16 de novembro de 2015

JÉSUS-CHRIST PAR ABBAYE DE CLAIRVAL

le texte EST de l'Abbaye Saint-Joseph de Clairval. je suis d'accord avec sa penseé (Scribe Valdemir).
Source:  http://www.clairval.com/lettres/fr/textes/JecroisenJC_fr.htm#3.2

Blason

JE CROIS ENJÉSUS-CHRIST
LE FILS DE DIEU




Jésus-Christ a-t-il vraiment existé? Est-il vraiment le Messie, l'Envoyé de Dieu, le Sauveur des hommes? Qui est-il, un homme extraordinaire, ou bien plus encore, Dieu fait homme? Ces questions ont pour tout homme une importance capitale. Car si le témoignage de l'Évangile est authentique, le Christ - et lui seul - peut nous ouvrir les portes de la vie éternelle: Le Père aime le Fils et a mis toutes choses entre ses mains. Celui qui croit au Fils a la vie éternelle. Celui qui ne croit pas au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu restera sur lui éternellement (Jn 3, 35-36).
Jésus lui-même affirme: Je suis la voie, la vérité et la vie, et personne ne vient à mon Père si ce n'est par moi (Jn 14, 6).
Saint Pierre, au jour de la Pentecôte, proclame: Il n'y a de salut en aucun autre qu'en Jésus-Christ (Ac 4, 12). Et saint Paul confirme que Jésus-Christ est le seul médiateur entre Dieu et les hommes (1 Tm 2, 5).
Nous ne pouvons donc pas "faire l'impasse" sur cette question. Il nous faut étudier la personne de Jésus-Christ, telle que l'histoire nous la fait connaître, afin de savoir si nous devons croire à sa doctrine et marcher sur le chemin qui, selon Lui, conduit à la vie éternelle.

Nous montrerons successivement:


I
JÉSUS-CHRIST A EXISTÉ
Ce point peut être établi avec certitude grâce au témoignage des auteurs païens et surtout des Évangiles, qui sont des documents historiques.
Jésus-Christ n'a pas vécu à une époque mythique, mal connue. Il est né environ un demi-siècle après la mort de Jules César, à l'apogée de l'Empire romain (règne de César-Auguste); il a été contemporain de Sénèque.
Un grand nombre de personnages mentionnés par les Évangiles nous sont connus par d'autres sources, par exemple ceux que cite saint Luc au commencement de son Évangile: les empereurs Auguste et Tibère, Hérode le Grand, Ponce-Pilate, les grands-prêtres Anne et Caïphe et saint Jean-Baptiste dont Flavius Josèphe, l'historien des Juifs, a rapporté l'apostolat et la mort.

«Le fait, pour le Fils de Dieu, de "devenir l'un de nous" s'est réalisé dans la plus grande humilité. Il n'est donc pas étonnant que l'historiographie profane, occupée par des événements plus spectaculaires et par des personnages plus en vue, ne lui ait accordé au début que de brèves allusions, qui sont tout de même significatives» (Jean-Paul II, Tertio millenio adveniente, 10 novembre 1994, n. 5).

  1. Le Christ est mentionné dans les Antiquités judaïques, ouvrage historique rédigé à Rome par l'historien juif (non chrétien) Flavius Josèphe entre 93 et 94: «En ce temps-là, était Jésus qui était un homme sage ( ) Des principaux de notre nation l'ayant accusé devant Pilate, il le fit crucifier» (Ant. Iud., 5, 1-7). Au regard de la critique, il n'est pas douteux que Flavius Josèphe aît donné, dans ce passage, un témoignage authentique de l'existence de Jésus-Christ.
  2. Dès le début du deuxième siècle, plusieurs auteurs romains parlent de Jésus-Christ.
    1. Suétone (69 - 125) rapporte que l'empereur Claude (10 avt JC - 54 ap. JC) «expulsa de Rome les Juifs devenus, sous l'impulsion de Chrestus, une cause permanente de désordre» (Vita Claudii, 25, 4). On remarque l'altération du nom du Christ, due sans doute à la prononciation de Chrétiens d'origine grecque. Les interprètes sont convaincus pour la plupart que ce texte se rapporte à Jésus-Christ, devenu motif de luttes internes dans le judaïsme romain. La mesure répressive de Claude est d'ailleurs attestée par les Actes des Apôtres: saint Paul rencontra en 52, à Corinthe, un ménage juif qui avait été chassé de Rome (Ac 18, 2). Moins de vingt ans après la mort du Christ, il y avait donc à Rome des Chrétiens. Comment, si Jésus-Christ n'avait pas existé, sa légende se serait-elle accréditée dans un si bref délai, sans rencontrer de réfutation?
    2. Tacite, dans ses Annales, écrites vers 116, rapporte à propos des Chrétiens lors de l'incendie de Rome et de la persécution de Néron en 64: «Le nom de chrétiens leur vient du Christ, qui sous Tibère fut livré au supplice par le procurateur Pontius Pilatus. Réprimée un instant, cette exécrable superstition se débordait de nouveau, non seulement dans la Judée où elle avait sa source, mais dans Rome même» (Annales, XV, 44). Ailleurs, Tacite parle d'une «ingens multitudo» (multitude immense) de Chrétiens se trouvant à Rome dès 64, seulement trente ans après la mort de Jésus-Christ.
    3. Pline le Jeune, proconsul romain de Bithynie et du Pont (Asie mineure), envoie en 111 à l'empereur Trajan un rapport sur les Chrétiens et lui demande la conduite à tenir à leur égard. Pline relève que les Chrétiens «se réunissent avant l'aurore à des jours déterminés pour chanter des hymnes au Christ comme à un Dieu»; il ajoute qu'ils sont devenus nombreux au point d'inquiéter les prêtres païens (Epist. 10, 96).
  3. Plus tard, les polémistes anti-chrétiens comme Celse, à la fin du deuxième siècle, ne mettront jamais en doute l'existence de Jésus-Christ, mais ils s'efforceront de le peindre sous les traits d'un imposteur ou d'un magicien.
Jésus-Christ nous est connu essentiellement par les quatre Évangiles (du grec "euanggelion", bonne nouvelle), par les Actes des Apôtres, par les Épîtres de saint Paul, de saint Jean, de saint Pierre, de saint Jacques et de saint Jude, et par l'Apocalypse de saint Jean. Ces vingt-sept livres forment le Nouveau Testament. Nous nous bornerons ici à étudier les Évangiles: ceux-ci suffisent amplement à prouver que Jésus a existé; et ils nous font connaître les événements de sa vie ainsi que son enseignement:

1) Ancienneté et fidélité des Évangiles

Écrits sur de fragiles feuilles de papyrus et, à partir du IVe siècle, sur de plus solides parchemins, les textes de l'Antiquité se conservaient difficilement; ils étaient, de plus, en petit nombre à cause de leur coût. Mais malgré cela, en dépit des persécutions (Dioclétien s'était efforcé de détruire tous les livres chrétiens) et des vicissitudes de deux millénaires d'histoire, environ 5000 manuscrits grecs du Nouveau Testament datés du IVe au VIIe siècles sont parvenus jusqu'à nous (citons en particulier le Codex sinaïticus et le Codex vaticanus, deux manuscrits presque complets du Nouveau Testament datés du IVesiècle). En outre, les archéologues ont exhumé des sables secs de l'Égypte de nombreux fragments sur papyrus, dont certains remontent au IIe siècle (papyrus 52 daté de l'an 130 et comportant quelques versets de saint Jean; papyrus Bodmer de la fin du IIe siècle contenant tout l'Évangile de saint Jean).
Si l'on cherche, par comparaison, comment nous connaissons les oeuvres des auteurs païens de l'Antiquité, dont personne ne met en doute l'authenticité, on s'aperçoit qu'ils ne nous sont connus en général que par des manuscrits copiés au Moyen-Âge (Homère: XIe siècle; César: Xe siècle; Tacite: XVe siècle). Nous avons donc des preuves beaucoup plus solides de l'existence de Jésus-Christ que de celle de Cicéron ou de Jules-César, dont pourtant personne ne doute!
Cette abondance de manuscrits anciens, due à la nécessité pour les chrétiens de posséder, dans chaque église, un exemplaire des textes inspirés, est une preuve irréfragable de la fidélité des Évangiles tels que nous les connaissons au texte original, car les différents manuscrits concordent entre eux pour la substance: les critiques sont unanimes pour affirmer qu'aucun écrit de l'Antiquité ne jouit d'une telle valeur textuelle.

2) Qui sont les auteurs des Évangiles? Le témoignage des Évangélistes est-il digne de foi?

A) Qui sont les auteurs des Évangiles?
Les auteurs catholiques du IIe siècle dont les écrits nous sont parvenus (Papias, saint Irénée) attribuent le premier Évangile à l'apôtre saint Matthieu, le second à saint Marc, le troisième à saint Luc et le quatrième à l'apôtre saint Jean. Ces attributions sont ratifiées par la Tradition de l'Église et ont pour elles de solides arguments, mais cette question importe peu à notre propos. Il nous suffit de savoir que les Évangiles ont été rédigés par des Chrétiens de Palestine, avant 70 pour les trois premiers et avant 100 pour celui de saint Jean, ce qui est admis communément de nos jours sur la base de critères linguistiques et historiques.
B) Le témoignage des Évangélistes est-il digne de foi?

  1. Les auteurs sacrés, témoins oculaires de la vie de Jésus-Christ, Apôtres ou proches collaborateurs des Apôtres, possédaient des informations de première main. Puisque plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, tels que nous les ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et serviteurs de la Parole, j'ai décidé, moi aussi, après m'être informé soigneusement de tout depuis les origines, d'en écrire pour toi l'exposé suivi, illustre Théophile, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus(Commencement de l'Évangile selon saint Luc).
  2. Les Évangélistes ont voulu rapporter fidèlement ces faits car:
    • Ils étaient des hommes vertueux et ils insistent eux-mêmes sur la vérité de leur témoignage (cf. Jn 21, 24).
    • Ils racontaient des faits que leur amour-propre aurait dû laisser ignorer: la bassesse de leur origine, leur ignorance, leur lenteur à comprendre l'enseignement du Christ, leurs défauts, leurs faiblesses et leurs fautes (par exemple le reniement de saint Pierre).
    • Ils n'avaient pas avantage à tromper: pour prix de leur témoignage, les apôtres ne reçurent que contradiction et mépris (voir par exemple: 2 Co 4, 7-12).
  3. Il faut remarquer en outre l'impression de "faits vécus" que donnent les récits extrêmement vivants des Évangiles. Ceux-ci fourmillent de détails géographiques et historiques dont la justesse frappe quiconque se rend en Terre Sainte. On est bien loin du vague des fables mythologiques ou même des récits "apocryphes" (c'est-à-dire, attribués arbitrairement à un personnage historique censé en être l'auteur) sur Jésus-Christ, composés plus tard par des chrétiens mal inspirés.
  4. Si les Évangélistes avaient inventé des faits sur la vie de Jésus, leur faux témoignage aurait suscité des protestations auprès de disciples plus sincères ou d'ennemis du christianisme. Tout au contraire, les quatre Évangiles ont été acceptés très rapidement et sans aucune discussion par toutes les Églises locales (contrairement aux écrits apocryphes).
3) Les Évangiles concordent entre eux, malgré des divergences tenant aux conditions de leur rédaction

Le fait que les Évangiles aient été inspirés par le Saint-Esprit n'empêche pas que chaque Évangéliste ait raconté les faits avec son style propre, selon l'époque et le milieu pour lesquels il écrivait: «Les auteurs sacrés composèrent donc les quatre Évangiles, choisissant certains des nombreux éléments transmis soit oralement, soit par écrit, rédigeant un résumé des autres ( ) de manière à nous livrer toujours sur Jésus des choses vraies et sincères» (Concile Vatican II, Dei verbum, 19).
S'ils semblent se contredire sur des détails de lieu et de temps (par exemple, dans quel ordre chronologique exact ont eu lieu les apparitions de Jésus ressuscité?), ces divergences sont sans importance.
Les Évangélistes n'exposent pas la vie de Jésus au sens d'une biographie moderne (comme tous les historiens de l'Antiquité, ils ne cherchaient pas à être exhaustifs comme nous le faisons de nos jours en ce qui concerne les précisions chronologiques et topographiques), mais ils nous donnent une connaissance certaine de ce que le Fils de Dieu a fait et enseigné en vue de notre Salut éternel (cf. Dei verbum, 19).
Quant aux paroles de Jésus, elles ont pu être prononcées en des temps et lieux différents; en bon pédagogue, Jésus répétait son enseignement pour le graver dans la mémoire de ses auditeurs; leur fixation par des auteurs différents et leur traduction de l'araméen au grec expliquent les variantes, qui ne portent jamais sur le fond de la doctrine.


Tout l'Ancien Testament est une préparation du peuple hébreu à la venue du "Messie" (en grec "Christ", c'est-à-dire "Oint" - cette onction signifie la consécration particulière d'une personne par Dieu en vue d'une mission; cf. Psaume 44, 8) qui devait délivrer Israël, étendre jusqu'aux extrémités de la terre la religion du vrai Dieu, et régner éternellement. Dieu, qui seul peut révéler aux hommes l'avenir, a annoncé de siècle en siècle, par la voix des prophètes, certains événements de la vie du Messie; ces prophéties ont été religieusement conservées, d'âge en âge, dans les Livres Saints des Juifs. Or, la vie de Jésus correspond aux données prophétiques de l'Ancien Testament: Vous scrutez les Écritures, dans lesquelles vous pensez avoir la vie éternelle. Or, ce sont elles qui me rendent témoignage, dit le Christ aux docteurs de la Loi (Jn 5, 39). Il est vrai que certaines de ces prophéties de l'Ancien Testament sont obscures. Ces discours prophétiques semblent avoir un double plan de signification. Ils se réfèrent souvent à des événements présents (par exemple, la délivrance de Jérusalem assiégée) et, au second plan, comme en filigrane, se profile une vision concernant le Messie à venir. C'est à la lumière de l'Évangile où elles se sont accomplies qu'il faut lire ces prophéties. Alors, le lien entre toutes ces pièces éparses apparaît, leurs détails obscurs s'éclairent et toute l'histoire d'Israël acquiert une réelle valeur de préfiguration.
Voyons les plus marquantes de ces prophéties.

1) Époque de la venue du Messie

  1. Jacob avait prédit (Gn 49, 10): Le sceptre ne sortira pas de Juda, ni le prince de sa postérité jusqu'à ce que Celui qui doit être envoyé soit venu, lui qui sera l'attente des nations.Jésus-Christ, le Messie, est lui-même un descendant de Juda, comme l'établissent les deux généalogies données par saint Matthieu (1, 2-16) et saint Luc (3, 23-38). Il vient au monde alors que le peuple juif a perdu toute indépendance politique par suite de l'occupation romaine.
  2. Le prophète Malachie, écrivant après la destruction du premier Temple de Jérusalem, annonce que le Messie viendra dans le second Temple: Voici que je vais envoyer mon messager pour qu'il déblaie un chemin devant ma face. Et soudain, il entrera dans son sanctuaire, le Seigneur que vous cherchez, l'Ange de l'alliance que vous désirez (3, 1). De fait, le premier Temple, construit par Salomon, avait été détruit par les Babyloniens en 587 avant Jésus-Christ; le Temple fut reconstruit à partir du Ve siècle. Jésus a appliqué la première partie de la prophétie à saint Jean-Baptiste, laissant entendre par là que Lui-même est cet Ange de l'alliance (Mt 11, 10).
  3. Le prophète Daniel annonce (9, 24-27) que le Messie mourra dans la soixante-dixième semaine d'années (période de sept ans), c'est-à-dire entre 483 et 490 ans après l'édit ordonnant la reconstruction de Jérusalem. Cet édit fut porté par Artaxerxès, roi de Perse, l'an 454 avant la date officielle de la naissance de Jésus-Christ (an zéro). En fait, Jésus est probablement né quatre ans auparavant (une erreur a peut-être été commise dans le "comput" par le canoniste Denis le Petit, au VIe siècle); Il est très probablement mort en 30, année où la Pâque coïncidait avec un Sabbat, comme le rapporte les Évangiles. On arrive donc à 484 ans depuis l'édit d'Artaxerxès, chiffre qui est bien dans la soixante-dixième semaine d'années prédite par Daniel.
2) Famille et lieu d'origine du Messie

  1. Le prophète Isaïe prédit: Une tige sortira de Jessé (le père du roi David) et une fleur grandira sur cette tige (Is 11, 1). Or, Jésus était de la famille de David (cf. Mt 1 et Lc 3), selon l'interprétation juive ancienne.
  2. Le même Isaïe annonce le grand signe de l'enfantement virginal: Et voilà qu'une vierge concevra et enfantera un fils, et il s'appellera Emmanuel (Is 7, 14, version des Septante). Ce miracle inouï s'est accompli en Marie, Mère de Jésus qui est vraiment au sens le plus fort Emmanuel ("Dieu avec nous").
  3. Le prophète Michée indique, lui, le lieu de la naissance du Messie: Et toi, Bethléem, Ephrata, tu es petite parmi les villes de Juda; mais c'est de toi que sortira Celui qui doit être le Dominateur d'Israël(Mi 5, 1). Les princes des prêtres ont rappelé ce texte à Hérode (Mt 2, 6). De fait, Jésus est né à Bethléem, Dieu se servant pour accomplir la prophétie de l'édit de recensement de César-Auguste (Lc 2, 1-7).
3) Vie publique du Messie

  1. Le prophète Isaïe annonce le ministère du Précurseur de Jésus-Christ: Une voix crie dans le désert: Préparez la voie du Seigneur, aplanissez les sentiers de votre Dieu (40, 3). Saint Jean-Baptiste a accompli cette prophétie en prêchant la pénitence dans le désert de Juda (cf. Jn 1, 23).
  2. Le même prophète annonce les miracles qu'opérera le Messie: Alors le Seigneur lui-même viendra et vous sauvera. Alors les yeux des aveugles s'ouvriront, les oreilles des sourds entendront, le boiteux marchera et la langue des muets sera déliée (Is 35, 4 et suiv.). Jésus a fait tout cela dans sa vie publique, rendant la vue aux aveugles (cf., entre autres, Jn 9), l'ouïe aux sourds (Mc 7, 32), faisant marcher les paralysés (Mt 9, 2 et suiv.) et parler les muets (Mt 12, 22). Il a fait remarquer à saint Jean-Baptiste que par ses oeuvres il accomplissait la prophétie (Mt 11, 5).
  3. Zacharie prophétise l'entrée du Sauveur à Jérusalem: Réjouis-toi, Jérusalem, voici ton roi qui va venir à toi, Roi de justice et ton Sauveur. Il est pauvre et il viendra monté sur une ânesse et le petit de l'ânesse (9, 9). Ces détails se retrouvent dans les récits évangéliques: le Christ entre le jour des Rameaux dans la ville monté sur une ânesse suivie de son petit (Mt 21, 7); les Juifs l'acclament, l'appellantRoi d'Israël (Jn 12, 13).
4) Passion et mort du Messie

La Passion de Jésus-Christ et sa mort rédemptrice ont été annoncées jusque dans leurs détails par les Psaumes et les écrits prophétiques.

  1. Le chant du "Serviteur souffrant". Dans le livre d'Isaïe sont enclavées quatre pièces lyriques, les "chants du Serviteur". Ils présentent un parfait serviteur de Dieu, qui rassemble son peuple, illumine les nations, prêche la vraie foi, expie par sa mort les péchés du peuple, puis il est glorifié par Dieu. Jésus s'est appliqué à lui-même les textes sur le Serviteur souffrant et son expiation vicaire, c'est-à-dire le quatrième "chant du Serviteur" (Is 52, 13 - 53, 12; cf. Lc 22, 37; Mc 10, 45), et la première prédication chrétienne a reconnu en Lui le Serviteur parfait annoncé par Isaïe (cf. Act 8, 29-35; cf. CEC 601 et sq.). Voici ce texte:
    Is 52, 13 - 53, 12: Voici que mon Serviteur prospérera; il grandira, il sera exalté, souverainement élevé. De même que beaucoup ont été dans la stupeur en le voyant - tant il était défiguré, son aspect n'étant plus celui d'un homme, ni son visage celui des enfants des hommes -, ainsi il fera tressaillir des nations nombreuses (...).Il n'avait ni forme ni beauté pour attirer nos regards, ni apparence pour exciter notre amour. Il était méprisé et abandonné des hommes, homme de douleurs et familier de la souffrance, comme un objet devant lequel on se voile la face; en butte au mépris, nous n'en faisions aucun cas. Vraiment c'était nos maladies qu'il portait, et nos douleurs dont il s'était chargé; et nous, nous le regardions comme un puni, frappé de Dieu et humilié. Mais lui, il a été transpercé à cause de nos péchés, broyé à cause de nos iniquités; le châtiment qui nous donne la paix a été sur lui, et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun de nous suivait sa propre voie; et le Seigneur a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous. On le maltraite, et lui se soumet et n'ouvre pas la bouche, semblable à l'agneau qu'on mène à la tuerie, et à la brebis muette devant ceux qui la tondent; il n'ouvre point la bouche. Il a été enlevé par l'oppression et le jugement, et, parmi ses contemporains, qui a pensé qu'il était retranché de la terre des vivants, que la plaie le frappait à cause des péchés de mon peuple? On lui a donné son sépulcre avec les méchants, et dans sa mort il est avec le riche, alors qu'il n'a pas commis d'injustice, et qu'il n'y a pas de fraude dans sa bouche. Il a plu au Seigneur de le briser par la souffrance; mais quand son âme aura offert le sacrifice expiatoire, il verra une postérité, il prolongera ses jours, et le dessein du Seigneur prospérera dans ses mains. À cause des souffrances de son âme, il verra et se rassasiera. Par sa connaissance le juste, mon Serviteur, justifiera beaucoup d'hommes, et lui-même se chargera de leurs iniquités. C'est pourquoi je lui donnerai sa part parmi les grands; il partagera le butin avec les forts. Parce qu'il a livré son âme à la mort et qu'il a été compté parmi les malfaiteurs; et lui-même a porté la faute de beaucoup, et il intercédera pour les pécheurs.
    Nous reprendrons certains passages de ce texte aux paragraphes c, e, i.
  2. Zacharie 11, 12: Ils estimèrent mon prix à trente pièces d'argent. Saint Matthieu rapporte que les princes des prêtres comptèrent à Judas trente pièces d'argent pour prix de sa trahison (Mt 26, 15).
  3. Isaïe 53, 7: On le maltraite, et lui se soumet et n'ouvre pas la bouche, semblable à l'agneau qu'on mène à la tuerie, et à la brebis muette devant ceux qui la tondent. Jésus dira: Personne ne m'ôte la vie, mais je la donne de moi-même (Jn 10, 18); et les Évangélistes rapportent son silence devant les accusations et les outrages.
  4. Is 50, 5-7: Le Seigneur m'a ouvert l'oreille; et moi, je n'ai pas résisté, je ne me suis pas retiré en arrière. J'ai livré mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe; je n'ai pas dérobé mon visage aux outrages et aux crachats. Le Seigneur m'est venu en aide; c'est pourquoi l'outrage ne m'a point abattu; c'est pourquoi j'ai rendu mon visage dur comme la pierre, et je savais que je ne serais pas confondu. Saint Matthieu rapporte: On lui cracha au visage, on le frappa du poing et de la main (Mt 26, 67).
  5. Psaume 21, 17: Ils ont percé mes mains et mes pieds; ils ont compté tous mes os. Et Isaïe dit du Serviteur souffrant: Il a été transpercé à cause de nos péchés, broyé à cause de nos iniquités ( ); qui a pensé qu'il était retranché de la terre des vivants, que la plaie le frappait à cause des péchés de mon peuple? (Is 53, 5; 8). Jésus a eu les mains et les pieds transpercés par le supplice de la crucifixion (cf. Lc 23, 33), et saint Jean fait remarquer que le Christ est victime de propitiation pour nos péchés (c'est-à-dire qu'il a par ses souffrances payé notre dette), non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier (1 Jn 2, 2).
  6. Psaume 21, 7: Je ressemble à un ver de terre plutôt qu'à un homme; je suis l'opprobre des hommes et le rebut du peuple. Ceux qui me voient se sont moqués de moi et secouant la tête, ils ont dit: Il a espéré dans le Seigneur, que le Seigneur le délivre donc et le sauve maintenant. Les Évangiles rapportent les moqueries subies par Jésus crucifié: Ils hochaient la tête en disant: Si tu es le fils de Dieu, descends de la croix ( ) il a espéré en Dieu: que Dieu le libère, s'Il l'aime (Mt 27, 39-43).
  7. Psaume 21, 19: Ils se partageront mes vêtements et tireront ma robe au sort. De fait, lorsque les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses vêtements, dont ils firent quatre parts, une pour chaque soldat, et la tunique, qui était sans couture ( ) Ils se dirent entre eux: "Ne la déchirons pas, mais tirons au sort qui l'aura" (Jn 19, 23-24).
  8. Psaume 68, 22: Ils m'ont donné du fiel et du vinaigre, et, dans ma soif, ils m'ont abreuvé de vinaigre. Saint Matthieu rapporte: Ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel (27, 34), et saint Jean: Jésus dit: "J'ai soif". Un vase était là, plein de vinaigre. Une éponge imbibée de vinaigre fut fixée à une branche d'hysope, et on l'approcha de sa bouche (19, 28-29).
  9. Isaïe 53, 9: Dans sa mort il est avec le riche. Saint Matthieu rapporte: Le soir venu, il arriva un homme riche d'Arimathie, nommé Joseph ( ) il alla trouver Pilate et demander le corps de Jésus ( ) Joseph le plaça dans un tombeau tout neuf qu'il s'était fait tailler dans le roc (Mt 27, 57-60).
  10. Zacharie 12, 10: Ils regarderont vers moi, après qu'ils m'auront transpercé. Saint Jean rappelle cette prophétie après avoir rapporté qu'un des soldats, de sa lance, lui perça le côté, et aussitôt il sortit du sang et de l'eau (Jn 19, 34).

Toutes ces prophéties, écrites de cinq à dix siècles avant les événements, ont été réalisées par le Christ au cours de sa Passion, et il avait conscience de les accomplir. Sa dernière parole sur la Croix sera: Tout est consommé, ce qui signifie: toutes les prophéties sont accomplies (Jn 19, 30). Le soir même de sa Résurrection, Jésus reproche aux disciples d'Emmaüs leur lenteur à croire tout ce qu'ont annoncé les prophètes; il leur explique le sens des Écritures qui le concernent (Lc 24, 26-27).

5) Résurrection et règne éternel du Christ

La Résurrection du Messie le troisième jour n'est pas prophétisée aussi explicitement, mais elle est insinuée par de nombreux textes de l'Ancien Testament; par exemple le Psaume 138, 18; Osée 6, 3; Jonas 2, 1 (texte que Jésus s'est appliqué à lui-même: cf. Mt 12, 40), Isaïe 53, 10  en sorte que saint Paul pourra dire: Le Christ est ressuscité le troisième jour selon les Écritures (1 Co 15, 4).
Daniel rapporte parmi ses visions: Je contemplais ( ) comme un Fils d'homme. Il s'avança jusqu'à l'Ancien (Dieu le Père) et fut conduit en sa présence. À lui furent conférés empire, honneur et royaume, et tous les peuples, nations et langues le servirent. Son empire dure à jamais; il ne passera pas, et son royaume ne sera point détruit (Dn 7, 13-14).

Jésus-Christ a accompli toutes les prophéties, chose qui ne peut s'expliquer par un calcul humain. Il faut remarquer, en effet, qu'un grand nombre de ces prophéties étaient indépendantes de la volonté humaine du Christ, par exemple: naître à Bethléem, être vendu pour trente pièces d'argent, avoir le coeur transpercé par la lance. Donc, il est réellement le Messie promis par Dieu. Selon ses paroles aux Juifs: Vous scrutez les Écritures, pensant trouver en elles la vie éternelle. Eh bien! ce sont elles qui me rendent témoignage (Jn 5, 39).

II. La sagesse et la sainteté de Jésus-Christ
prouvent qu'Il est envoyé de Dieu
Les ennemis du Christ ont tenté de le discréditer en le traitant de fou (Mc 3, 21) ou de démoniaque (Mt 12, 24). Mais toute sa conduite montre une sagesse et une sainteté hors de pair.

1) Sagesse de Jésus-Christ

  1. Elle a été admirée par les docteurs du Temple alors que Jésus n'avait que douze ans (Lc 2, 47).
  2. Les foules étaient émerveillées des paroles qui sortaient de sa bouche (cf. Lc 4, 22): Jamais homme n'a parlé comme cet homme (Jn 7, 46).
  3. Saint Pierre dit à Jésus: Tu as les paroles de la vie éternelle (Jn 6, 69).
  4. Le Christ résout les problèmes les plus difficiles: la femme adultère, le denier de César , et personne ne trouvait rien à lui objecter (Mt 22, 46).
2) Sainteté de Jésus-Christ

Jésus a pratiqué à un degré éminent toutes les vertus. La lecture de l'Évangile permet de s'en convaincre. On remarquera en particulier:

  1. Sa charité envers Dieu son Père: il meurt pour que le monde sache qu'il aime son Père (cf. Jn 14, 31). Les Apôtres, le voyant au Temple, lui appliquent l'oracle prophétique: Le zèle de votre maison m'a dévoré (Ps 68, 10; Jn 2, 17).
  2. Sa charité envers le prochain. Elle est affective (il est bouleversé en voyant passer le convoi funèbre de Naïm, il pleure Lazare mort ), effective (il guérit les malades, fait partout le bien), s'étend à tous, Juifs et païens, et même à ses ennemis (il appelle Judas mon ami, il guérit l'oreille du soldat blessé par Pierre; en croix, il prie pour ceux qui l'ont crucifié). Sa charité n'est pas faiblesse: il reprend les vices, menace les pécheurs, chasse les marchands du Temple, etc. Enfin, elle atteint le plus haut degré: Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime (Jn 15, 13). Jésus l'a fait.
  3. Sa piété. Il passait souvent les nuits en prière; il était assidu aux cérémonies du Temple. Dans la plus terrible agonie, au jardin des Oliviers, il persévéra trois heures en oraison.
  4. Son humilité. De sa naissance dans la grotte de Bethléhem à sa mort en croix parmi les scélérats, Jésus a multiplié les actes d'humilité. Il a toujours cherché à se dérober aux ovations de la foule, et il recommandait aux malades qu'il avait guéris de n'en rien dire à personne.
  5. Son détachement des biens de ce monde fut absolu. Né dans une pauvreté sans égale, il gagna son pain à la sueur de son front. Dans sa vie publique, il vivait d'aumônes et n'avait pas où reposer sa tête(Mt 8, 20). Il mourut dépouillé de tout.
  6. Sa chasteté. Elle fut si parfaite qu'aucun de ses adversaires n'a osé formuler une accusation à ce sujet.

Les ennemis de Jésus ont dû rendre justice à sa sainteté. Ils lui ont tendu des pièges, ils l'ont épié sans cesse, jamais ils ne sont parvenus à surprendre un mot digne de blâme, un acte coupable. Les princes des prêtres devront recourir à de faux témoins pour pouvoir formuler des accusations précises (et d'ailleurs discordantes entre elles). S'ils le condamnent à mort sous l'accusation de blasphème pour s'être dit le Fils de Dieu, cette parole n'est pas un blasphème mais est conforme à la vérité (cf. infra). Judas avoue: J'ai livré le sang du Juste (Mt 27, 4) et Pilate se déclare innocent du sang de ce juste (Mt 27, 24). Aussi, Jésus a-t-il pu dire sans crainte d'être pris au mot: Qui de vous me convaincra de péché? (Jn 8, 46).
Si Jésus n'avait pas été saint, nous pourrions suspecter son témoignage; encore faudrait-il expliquer comment il a pu faire tant de miracles (cf. § suivant). Mais puisque Jésus a été le modèle de toutes les vertus, il serait contradictoire qu'il nous ait trompés en s'identifiant au Messie, lui qui n'a jamais proféré le moindre mensonge.

III. Les miracles de Jésus-Christ
prouvent sa mission divine
On appelle miracle un fait sensible et certain, dépassant toutes les forces humaines, en dérogation évidente aux lois de la nature, et qui n'est pas possible sans une intervention spéciale de Dieu.

1) Les Évangiles montrent que Jésus a fait de vrais miracles

Les miracles du Christ ont été:

  1. vraiment des actes supérieurs à toutes les forces humaines, dérogeant aux lois de la nature: changer l'eau en vin, marcher sur les eaux du lac; guérir des maladies incurables, au moins à l'époque - lèpre, cécité -, et les guérir selon un mode spécial (jamais un médecin ne guérira un aveugle en lui appliquant sur les yeux un peu de sa salive); ressusciter des morts - par exemple, Lazare enseveli depuis quatre jours - (cf. Jn 11, 43-44).
  2. très nombreux: Une vertu sortait de lui et les guérissait tous (Lc 6, 19). Jésus a fait encore beaucoup de miracles qui ne sont pas écrits dans ce livre (Jn 20, 30).
  3. opérés avec autorité: pour apaiser la tempête, Jésus s'écrie: Tais-toi, et cesse de mugir (Mc 4, 39). Il commande aux démons: Esprit immonde, sors de cet homme (Mc 5, 8); à la fille de Jaïre qui était morte: Jeune fille, lève-toi (Mc 5, 41).
  4. constatés par les ennemis mêmes de Jésus. Cet homme fait beaucoup de miracles, disent les princes des prêtres; Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui (Jn 11, 47-48).
2) Le plus grand miracle du Christ a été celui de sa Résurrection d'entre les morts, qui est la preuve par excellence de sa légation divine.

Jésus avait prédit sa mort en croix (Mt 26, 2) et sa résurrection le troisième jour (Mt 20, 19); les princes des prêtres étaient informés de cette prophétie (cf. Mt 27, 63), et avaient pris en conséquence leurs précautions pour empêcher sa réalisation (sceaux de l'Empire, gardes postés devant le tombeau; cf. Mt 27, 66).
Au matin de Pâques, tandis que les soldats s'enfuient affolés, l'Ange déclare aux saintes femmes: Il est ressuscité, comme il l'avait prédit! (Mt 28, 6). Jésus se montre vivant aux saintes femmes, à ses Apôtres et à ses disciples, le jour même de sa Résurrection et pendant quarante jours. Les Apôtres prennent Jésus pour un revenant; le Sauveur les invite à le toucher et il mange en leur présence. Il se montre à plus de cinq cents disciples avant de monter au Ciel (1 Co 15, 6). Comment, et surtout dans quel but les Évangélistes auraient-ils pu inventer tout cela, moins de quatre décennies plus tard?
Dès le jour de la Pentecôte, après avoir reçu le Saint-Esprit, saint Pierre prêche la Résurrection du Christ. Après avoir guéri le paralytique de la porte du Temple, le prince des Apôtres déclare: Vous avez mis à mort l'Auteur de la vie. Dieu l'a ressuscité, nous en sommes témoins (Ac 3, 15).
La Résurrection de Jésus-Christ est le grand motif de crédibilité donné par les Apôtres. Saint Paul en particulier en fera le fond de sa prédication: Si le Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, vaine aussi notre foi  Mais justement, le Christ est ressuscité, prémices de ceux qui se sont endormis (1 Co 15, 14-20). Et sous cet aspect élevé, la Résurrection est si liée à la Rédemption qu'elle devient elle-même objet de foi sans rien perdre, pour autant, de son aspect extérieur constatable de fait historique.
Si le Christ n'était pas ressuscité, il faudrait expliquer comment les Apôtres sont arrivés à croire et à se faire tuer pour prêcher la Résurrection, et comment le monde a cru à leur parole; ce qui faisait dire à saint Augustin: «De deux choses l'une: ou le monde a été converti par les miracles que nous prétendons avoir été faits en faveur de la religion chrétienne, et dès lors, celle-ci est divine; ou le monde a été converti sans miracles et, dans ce cas, l'établissement du christianisme est, à lui seul, le plus grand des miracles» (De civitate Dei, 22, 5).


III
JÉSUS-CHRIST EST DIEU
La révélation par le Christ de sa divinité a été progressive. Elle se dévoile par des allusions de plus en plus explicites, comme une évidence qui se dégage de sa personne. La manifestation de la divinité de Jésus porte les caractéristiques de sa personnalité: la simplicité et la droiture.
Ce caractère progressif de la révélation était, par ailleurs, exigé par les particularités du milieu religieux juif. Une affirmation claire par Jésus de sa divinité au début de sa vie publique aurait été totalement incompréhensible, compte tenu des convictions rigoureusement monothéistes des Israélites. C'est surtout à la fin de sa vie publique et au moment de sa Passion, qu'il dévoilera le mystère de sa nature divine: le Père et moi, nous sommes Un (Jn 10, 30).

Avant même que le Christ vienne au monde et commence à prêcher sa doctrine, Dieu s'était plu à révéler cette vérité aux hommes. L'Ange Gabriel qui annonce à Marie qu'elle va devenir la mère du Sauveur, lui dit: L'Esprit-Saint descendra en vous et le Tout-Puissant vous couvrira de son ombre: voilà pourquoi le Saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu (Lc 1, 35). Lorsque, trente ans après, le Christ se rend sur les bords du Jourdain pour y être baptisé, Dieu confirme les paroles de l'Ange. Une voix du ciel se fait entendre, disant: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis mes complaisances (Mt 3, 17; cf. aussi Mt 17, 5; cf. Catéchisme de l'Église Catholique, CEC, 444).

1) Jésus-Christ est appelé «Seigneur»

Dans la traduction grecque des livres de l'Ancien Testament, le nom ineffable sous lequel Dieu s'est révélé à Moïse (Cf. Ex 3, 14), est rendu par «Seigneur». «Seigneur» devient dès lors le nom le plus habituel pour désigner la divinité même du Dieu d'Israël. Le Nouveau Testament utilise ce sens fort du titre de «Seigneur» à la fois pour le Père, mais aussi - et c'est là la nouveauté - pour Jésus reconnu ainsi comme Dieu lui-même: Au contraire, nous proclamons la sagesse du mystère de Dieu, sagesse tenue cachée, prévue par lui dès avant les siècles, pour nous donner la gloire. Aucun de ceux qui dominent ce monde ne l'a connue, car, s'ils l'avaient connue, ils n'auraient jamais crucifié le Seigneur de gloire (1 Co 2, 7-8).
Jésus lui-même s'attribue de façon voilée ce titre lorsqu'il discute avec les Pharisiens sur le sens du Psaume 109: Comme les pharisiens se trouvaient réunis, Jésus les interrogea: «Que pensez-vous au sujet du Messie? de qui est-il le fils?» Ils lui répondirent: «De David». Jésus leur répliqua: «Comment donc David, sous l'inspiration de l'Esprit, l'appelle-t-il Seigneur, en disant: Le Seigneur a dit à mon Seigneur: "Siège à ma droite jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis sous tes pieds?" Celui que David appelle Seigneur, comment peut-il être son fils?» Personne ne pouvait lui répondre un mot et, à partir de ce jour-là, nul n'osa plus l'interroger (Mt 22, 41-46). C'est qu'en effet, la seule réponse possible au dilemme est que David, éclairé par l'Esprit-Saint, se reconnaissait inférieur au Messie, son futur descendant comme homme, mais son Créateur comme Dieu.
Jésus s'applique aussi le titre de «Seigneur» de manière explicite en s'adressant à ses Apôtres: Vous m'appelez "Maître" et "Seigneur", et vous avez raison, car vraiment je le suis (Jn 13, 13; cf. CEC 446-447).

2) Jésus s'appelle «le Fils de Dieu»

Dans l'Ancien Testament, le titre de «fils de Dieu» au pluriel est parfois donné aux anges, au peuple élu, aux enfants d'Israël et à leurs rois. Il signifie alors une filiation adoptive qui établit entre Dieu et ses créatures des relations d'une intimité particulière. Mais il en est tout autrement de l'affirmation des Évangiles suivant laquelle Jésus-Christ est «le Fils de Dieu» (singulier et article défini grec `o).

  1. Quand Marthe, la soeur de Lazare, dit à Jésus: Je crois que vous êtes le Christ, le Fils de Dieu, celui qui devait venir en ce monde (Jn 11, 27), le divin Maître accepte ce titre.
  2. Le Christ demande un jour aux Apôtres: Qui croyez-vous que je suis? Saint Pierre répond: Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant. Aussitôt Jésus lui répond avec solennité: Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, car cette révélation ne t'est pas venue de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux (Mt 16, 15-17). Jésus aurait-il agi ainsi si l'expression «Fils de Dieu» devait être entendue selon le sens commun (un fils parmi bien d'autres)? Assurément non, car dans ce cas la réponse de Pierre aurait été une banalité. De plus, si saint Pierre a pu reconnaître le caractère transcendant de la filiation divine de Jésus, c'est que celui-ci l'a nettement laissé entendre (cf. CEC 442, 443).
  3. Devant le Grand Conseil des Juifs (Sanhédrin), le Grand-Prêtre Caïphe interroge Jésus: Je t'adjure, au nom du Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Aussitôt le divin Maître répond: Tu le dis, je le suis. Le Grand-Prêtre, simulant une profonde indignation, déchire ses vêtements: Il a blasphémé, dit-il, qu'en pensez-vous? Et tous les prêtres de s'écrier: Il mérite la mort (Mt 26, 63-66). À leurs yeux, Jésus devait être lapidé comme blasphémateur selon les prescriptions de la loi de Moïse, parce qu'il s'était fait l'égal de Dieu. Ils avaient donc bien compris toute la portée de l'affirmation du Christ: Je suis le Fils de Dieu. Mais, aveuglés par leurs préjugés et leurs passions, ils ne voulaient pas croire en Lui (cf. CEC 443).
  4. Les Juifs savaient si bien que Jésus-Christ s'était appelé le Fils de Dieu, qu'ils disent à Pilate, quand celui-ci proclame son innocence: Nous avons une loi et d'après cette loi, il doit mourir, car il s'est dit le Fils de Dieu (Jn 19, 7). Quand Jésus agonise sur la croix, les Juifs lui disent ironiquement: Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix (Mt 27, 40).
  5. Parfois, Jésus s'applique simplement à lui-même le titre de Fils, le rapprochant de celui de Père qui désigne à l'évidence Dieu.
    • Tout m'a été confié par mon Père; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler (Mt 11, 27).
    • Le Fils est supérieur aux anges eux-mêmes (Mt 24, 36: Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais le Père seul. [Remarque: Par cette affirmation, Notre-Seigneur veut dire que le temps fixé par la Providence pour le Jugement qui doit suivre la fin du monde, ne fait pas partie des choses qu'il ait reçu mission de faire connaître aux hommes. Il n'entend nullement par là remettre en cause sa nature divine]).
  6. Plus encore, Jésus se dit nettement le «Fils unique» de Dieu. Parlant un jour à Nicodème, il s'exprime ainsi: Dieu a tellement aimé le monde, qu'il lui a donné son Fils unique... Celui qui croit au Fils ne sera pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il ne croit pas au nom du Fils unique de Dieu (Jn 3, 16-18).

  1. Les premières et dernières paroles que nous connaissons de Notre-Seigneur Jésus-Christ sont une affirmation de sa relation tout à fait unique avec Dieu son Père. Quand il revoit la Vierge Marie, sa mère, et saint Joseph, son père adoptif, qui, pendant trois jours d'angoisses, l'ont cherché vainement, il leur dit: Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père? (Lc 2, 49). Avant d'expirer sur la croix, il s'écrie: Mon Père, je remets mon âme entre vos mains (Lc 23, 46). Dans l'Ancien Testament, Dieu est parfois appelé le Père du peuple juif (par exemple en Isaïe 64, 7), au sens de "créateur", mais jamais aucun personnage, même Moïse ou Élie, n'appelle Dieu "mon Père".
  2. Quand il chasse les marchands du Temple, il dit: Ne faites plus de la maison de mon Père, une maison de trafic (Jn 2, 16). À la dernière Cène, voulant consoler ses disciples, il dit: Je prierai mon Père, et il vous enverra un autre Consolateur (Jn 14, 16).
  3. Le Christ, dans ses affirmations, s'attribue la même nature que son Père. Mon Père et moi, nous sommes un (Jn 10, 30). Jésus veut montrer par là sa relation tout à fait unique vis-à-vis de Dieu, relation d'égalité de nature. Les Juifs ont compris, en entendant ces paroles, que Jésus s'attribuait la divinité... et voilà pourquoi ils veulent le lapider: Ce n'est pas pour tes bonnes oeuvres que nous te lapidons, mais à cause de ton blasphème, parce que toi qui es un homme, tu te fais Dieu... (Jn 10, 30-33).
  4. Jésus répond à Philippe qui lui demande de montrer aux apôtres le Père: Philippe, qui me voit, voit aussi mon Père... Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi? (Jn 14, 9-11).
  5. Il est vrai que Jésus demande à ses disciples, lorsqu'ils prient, de dire Notre Père (Mt 6, 9). Mais il dit auparavant: Vous donc, priez ainsi: Notre Père. Lui même se met à part et se distingue par là de ses disciples. Il ne s'agit pour eux que d'une filiation adoptive, qui vient de l'Incarnation du Christ, Fils de Dieu (cf. Rm, 8, 15). C'est pourquoi Jésus, le jour de sa Résurrection, distingue ces deux sortes de paternité en enjoignant à sainte Marie-Madeleine: Va dire à mes frères: Je monte vers mon Père et votre Père (Jn 20, 17; cf. CEC 443).
  6. Jésus dit: Le Père a donné au Fils le droit de juger, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père (Jn 5, 22-23).

  1. Jésus-Christ affirme son éternité: Avant qu'Abraham fût, je suis (Jn 8, 58). Le Christ ne dit pas "j'étais", mais je suis, laissant entendre par là qu'il n'y a pas de passé en lui, mais un éternel présent. Cette formule rappelle la révélation par Dieu de son Nom à Moïse dans le buisson ardent: Je suis celui qui suis (Ex 3, 14). Là aussi, les Juifs crient au blasphème.
  2. Seule l'identité divine de la personne de Jésus peut justifier une exigence aussi absolue que celle-ci: Celui qui n'est pas avec moi, est contre moi (Mt 12, 30); (cf. CEC, 590).
  3. A la dernière Cène, s'adressant à son Père, Jésus s'écrie: Mon Père, glorifiez-moi en vous-même, de la gloire que j'avais en vous, avant que le monde fût (Jn 17, 5).
  4. Jésus s'attribue la toute-puissance, une puissance égale à celle de son Père: Quelque chose que le Père fasse, le Fils le fait pareillement. Comme le Père ressuscite les morts et leur donne la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il lui plaît (Jn 5, 19 et suiv.). Je quitte ma vie pour la reprendre, personne ne me la ravit. J'ai le pouvoir de la quitter et de la reprendre (Jn 10, 18).
  5. Jésus a également le pouvoir de ressusciter nos corps et de nous assurer la vie éternelle: Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi je le ressusciterai au dernier jour (Jn 6, 54).
  6. Jésus-Christ atteste son pouvoir de remettre les péchés et de juger les hommes (cf. CEC, 589, 594, 1441). Ayez confiance, mon fils, dit-il au paralytique, vos péchés vous sont pardonnés (Mt 9, 2). Les pharisiens se scandalisent de cette parole: Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul? De fait, les prêtres de la Loi ancienne n'avaient pas le pouvoir de remettre les offenses faites à Dieu; c'est le Christ qui le confèrera aux prêtres de la Loi nouvelle. Pour leur prouver qu'il possède le pouvoir d'accorder aux hommes la rémission de leurs péchés, Jésus rend miraculeusement au malheureux perclus l'usage de ses membres: si le Christ avait vraiment blasphémé en remettant les péchés, jamais Dieu ne lui aurait donné le pouvoir de faire aussitôt un miracle.
  7. Il a accepté la confession de saint Thomas, lorsque celui-ci, huit jours après la résurrection, tombant à ses pieds, lui dit: Mon Seigneur et mon Dieu! (Jn 20, 28).




CONCLUSION
DIVINITÉ DE JÉSUS-CHRIST

Aux Juifs qui ne croient pas en lui, le Christ adresse ces  paroles: Vous dites: "tu blasphèmes", parce que j'ai dit: "Je suis le Fils de Dieu". Si je ne fais pas les oeuvres de mon Père, ne me croyez pas. Mais si je les fais et si vous ne voulez pas me croire, croyez aux oeuvres, afin d'apprendre et de reconnaître que le Père est en moi et que je suis dans le Père (Jn 10, 36-38).
Quelques années plus tard, à l'époque de la première génération chrétienne, saint Paul, après avoir confronté sa foi avec Pierre, Jean et Jacques (cf. Ga 2, 1-10), traduira et explicitera la foi de l'Église primitive: Jésus-Christ est antérieur à tout et tout subsiste en lui (Col 1, 17); en lui habite réellement la plénitude de la divinité (Col 1, 19); issu du peuple d'Israël selon la chair, il est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement (Rm 9, 5); lui qui était dans la condition de Dieu, il n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur (Ph 2, 6-7).
«Il a plu à Dieu dans sa sagesse et sa bonté de se révéler en personne... Dans cette Révélation, le Dieu invisible s'adresse aux hommes en son immense amour ainsi qu'à des amis, il s'entretient avec eux pour les inviter et les admettre à partager sa propre vie... La profonde vérité que cette Révélation manifeste, sur Dieu et sur le salut de l'homme, resplendit pour nous dans le Christ, qui est à la fois le Médiateur, et la plénitude de toute la Révélation» (Vatican II, Dei verbum, 2).
Le Christ a déclaré: Je suis la voie, la vérité et la vie (Jn 14, 6). Croire en Jésus-Christ et en Celui qui l'a envoyé pour notre salut est donc nécessaire pour obtenir ce salut. Parce que sans la foi (...) il est impossible de plaire à Dieu (He 11, 6) et d'arriver à partager la condition de ses fils, personne jamais ne se trouve justifié sans elle et personne à moins qu'il n'ait persévéré en elle jusqu'à la fin, n'obtiendra la vie éternelle.
Croire n'est possible que par la grâce et les secours intérieurs du Saint-Esprit. Demandons au Christ cette grâce par une prière fervente: Je crois, Seigneur; mais venez en aide à mon peu de foi (cf. Mc 9, 23). Cette prière sera exaucée si elle est confiante, persévérante et humble: Demandez, dit Jésus, et vous recevrez; cherchez, et vous trouverez; frappez, et on vous ouvrira (Mt 7, 7).

domingo, 11 de outubro de 2015

LIVRO: GUIA DE ESTUDO BÍBLICO - COMPLETO

Escriba Valdemir publica livro GUIA DE ESTUDO BÍBLICO. 213 páginas na qual explica as doutrinas da Bíblia em Teologia Sistemática e o Manual de Vida Cristã (Pode ser adquirido impresso por:amazon.com, clubedeautores.com.br e outras livrarias virtuais) 


Cover_front_medium

O Guia de estudo bíblico marcou a vida de muitas pessoas em Santos/SP quando escrevi e o utilizava em xerox encadernado. Este livro foi durante muito tempo o Manual da Fé Cristã usado pela igreja onde pastoreei e ainda hoje dezenas de pessoas tem uma cópia deste livro em fotocópia. Nele contêm as explicações básicas das doutrinas e práticas cristãs. A Bíblia Sagrada é um guia para levar o homem ao conhecimento de Deus e da sua vontade. Este livro foi escrito em 1990, e servia como livro de estudo para novos convertidos em uma igreja evangélica. Os dogmas fundamentais do cristianismo são expostos em uma teologia sistemática muito simples e fácil de aprender, e na parte final do livro, abordo a vida cristã no padrão de santidade exigido por Deus para aqueles que querem fazer a sua vontade, mais do que somente conhecer o credo ou confissão cristã.



segunda-feira, 27 de julho de 2015

LIVRO: O FIM DO MUNDO - COMPLETO

Escriba Valdemir publica livro O FIM DO MUNDO. 118 páginas na qual explica os eventos proféticos sobre o fim dos tempos. (Pode ser adquirido impresso por:amazon.com, clubedeautores.com.br e outras livrarias virtuais)